Vins Rouges

Célébré pour ses arômes de fruits rouges et sa relative légèreté au niveau des tannins, le Gamay ne pouvait que s’adapter sous les feux du soleil et la richesse granitée du terroir chamosard, framboise et cassis se mêlent en un mariage élégant de souplesse, accompagnant les charcuteries, casse-croûtes, daube de viande blanche et rouge etc… Plaît aux convives souhaitant des vins « légers » et « frais »  en remplacement de vins rouges trop chargés en tannins et épices, idéal pour palais sensibles, ou pour invités n’aimant pas les vins blancs, y compris accompagnant raclettes et fondues, tous les goûts sont dans la nature, et la nature est dans chaque goûts, ne négligez pas cet adage chers visiteurs…



Assemblage aux multiples visages, a la cave Siseranche,  le Pinot Noir du haut de ses 85% domine ce métissage ou le Gamay est présent à 15% et la Syrah, 5%, de ses notes poivrées apporte une touche de puissance tannique à ce vin dont la réputation un peu ternie par des années peu flatteuses pour lui et dont l’injuste étiquette « piquette » est dure à décoller des esprits.


Pinote t’il ? Ou ne Pinote t’il pas ?

Telle est la question….

A la Siseranche, elle se pose rarement….

Car notre Pinot Noir pinote et pianote sur la gamme des fruits rouges et du cassis, dans les meilleures années il se permet même de chatouiller la tonalité des cerises noires, car on l’aime à maturité notre Pinot, tout en gardant sa légèreté, il n’en perd pas moins sa virilité, et flirt volontiers avec vos grillades, viandes rôties, gibier à plumes, terrines, viandes froides et fromages à pâte dure.


Amis dompteurs de fauves bienvenue dans le domaine de ce cépage a la sauvagerie issue de la jungle la plus profonde, il respire la panthère, le lierre insoumis, ses tannins transpirent le lion et le tigre réunis dans une arène de cristal, dont le dégustateur de sa langue fouetteuse domptera ce sauvageon en le savourant en dévorant le produit de sa chasse, les viandes rouges du gibier le plus coriace sera mâté par les effluves enivrantes et musquées que l’Humagne Rouge saura exhaler pour venir à bout des fromages les plus rudes et durs.



Malgré son nom évoquant des régions exotiques, ce cépage, n’est pas si éloigné de nos régions, pour mettre fin aux idées reçues d’un colonialisme d’un autre âge, il est utile de préciser que la Syrah est… Mais place au plagiat façon « Michel Houellebecq » la parole est à Wikipédia :

« L’ignorance de certains historiographes, en mal d’exotisme, a donné à ce cépage, typiquement rhodanien, les provenances les plus diverses sur la base de quelque amusante homonymie avec la Syrie, Syracuse, Shiraz ou autres lieux du même tonneau. Leur capacité à se copier les uns sur les autres leur a même fait oublier Syros, une île grecque des Cyclades, productrice de raisins secs, dont le port et la ville principale est Hermopolis (ou Syra). Ce nom n’a donc jamais été sollicité pour expliquer des hypothétiques origines orientales du cépage. De nombreuses hypothèses sur son origine ont été échafaudées, devenant même des légendes :

Le problème est que l'on ne trouve trace de la syrah dans aucune de ces régions, ni même un cépage lui ressemblant. André et Levadoux, en 1964, classent la syrah dans le groupe de cépage des sérines avec la mondeuse noire N, la mondeuse blanche B, le viognier, la marsanne et la roussanne.

La toponymie confirme cette analyse puisque la syrah ou serine, nom qu’elle porte à Ampuis, a comme radical SER, nom celto-ligure, qui désigne une montagne allongée ou arrondie dans le midi de la France et a donné sierra dans la péninsule ibérique. Ces monts en forme de serre ont servi à dénommer le long du Rhône les villages de Serrière et la vallée de la Seran, où coule un de ses affluents.

Ceci a été confirmé en 1998, par des tests ADN qui ont été menés pour connaître les parents de la syrah. C'est la fille du croisement de la mondeuse blanche B par le dureza N, un vieux cépage de l'Ardèche, aujourd'hui seulement présent en collection. Le croisement aurait eu lieu dans la partie septentrionale des Côtes du Rhône, probablement l'Isère où les deux parents étaient présents. »

Voilà fin de la parenthèse et revenons à nos moutons : Notre Syrah qui, dont on ne m’accuse, ne vient pas de Syracuse, vaut quand même son pesant d’or tannique et non coranique, talmudique, de barrique ou que sais je, poivrée comme elle se doit,  enrobée de ses saveurs de baies noires et d’épices qu’ils soient d’Orient, d’Inde ou d’Asie peu importe, même le réglisse s’immisce parfois dans la danse, et c’est le festival pour les viandes rouges, le gibier ne sera pas sacrifié en vain, et si votre palais ne capitule pas devant cette avalanche de goûts, place est faite aux fromages à pâte dure, et à votre imagination légitime pour accompagner ce vin d’exception, c’est « open bar » aux idées de chacun….



Ce bon vieux cépage du Valais qui foulait déjà nos terres alors que nos grand pères n’étaient pas encore nés, ce vieux rouge du pays, nous en fait voir du pays, car ce capricieux ancêtre, nous donne de son fruit une année, et nous en prive la suivante, sans compter que ses gros bois sont durs à tailler, vive les sécateurs électriques, nos mains les en remercient, oui il est dur le papy à maîtriser, comme chez nous, nous avons le respect des aînés, nous nous adaptons à ses caprices de vieil indigène. Il nous récompense toutefois avec panache lorsqu’il daigne nous faire partager sa bonne humeur, une année sur deux comme un vieux grigou….

Il nous gratifie alors de ses arômes de myrtilles, de fruits mûrs et de sous bois, en récompense du labeur et des soins que nous lui consacrons.

Et dans ses meilleurs jours, les volailles à chaire rouge et les gibiers à plumes nous démontrent qu’effectivement, pour les valaisans, c’est le Cornalin le patron… Et nous ne regrettons pas de bosser pour lui….



Un peu gêné par les préjugés, tout auréolé de ses origines latines, et parfois traité en « rital » sous son dénominatif de « vin à pizza » le Merlot nous en teint pas rancune en se fondant dans le paysage valaisan, à croire qu’il voulût y acquérir ses lettres de noblesse loin de son Tessin et de ses origines françaises. Petit Merle voulut devenir grand, et il n’a pas eu tort de vouloir s’expatrier des contrées auxquelles la pensée populaire voulut l’y cantonner. Italie, Tessin… Notre Merle bien que petit déploie ses ailes et s’adapte aux terroirs sachant l’accueillir en oiseau migrateur qu’il est. Sur nos coteaux il donne le meilleur de lui-même, il sait faire oublier que non seulement les pizzas peuvent l’honorer mais aussi : Les viandes rouges, les pâtés, les spécialités italiennes (chassez le naturel….), les fromages à pâte dure, et les … hum … Pizzas .. Va m’en vouloir le petit Merle..



Diolinoir ? Qu’elle est cette infamie ? Ce mariage contre nature ? Cette créature d’un obscur acteur et méconnu du grand public Monsieur André Jaquinet, généticien génial père du Garanoir, et créateur du Diolinoir, hybride de rouge de Diolly fécondé avec du pollen de Pinot Noir, ce « Docteur Fankenstein » de la viticulture, ajouta à la longue liste de cépages cultivables en valais, le nom désormais presque incontournable de Diolinoir.

Ce cépage, nous l’avions planté dans l’optique d’en faire un vin d’ouillage et améliorateur de couleur pour nos cépages rouges existants, mais l’esprit du chercheur devait subsister dans sa « créature » car celle-ci nous séduisit, nous, ses maîtres, pour en faire un cépage indépendant, le monstre hybride à mérité sa liberté et son indépendance de par ses qualités pures et ce Diolinoir, gagna ses lettres de noblesse, brisa ses chaînes

par ses arômes, sa volonté d’exister et de s’affirmer par ses propres moyens et il y réussit très bien en faisant honneur a des plats culinaires comme les volailles, les lapins ou le silencieux agneau, il fait confiance néanmoins à l’imagination débridée des cuisiniers pour le mettre en valeur et que sa réputation naissante ne soit pas usurpée…



Autre « créature » issue du vivier à mutants qu’est Changin, (on se croirait dans X-Men), le Carminoir fut créé en 1982, hybride de Cabernet Sauvignon et de Pinot Noir, il se révéla être un élève difficile à maîtriser dans ses jeunes années puisque son caractère infantile nous força à n’en produire que du rosé noyé dans le Corsyca (vin rosé issu de saignées de cépages rouges nobles comme le Cornalin, Syrah et Carminoir), C’est lors de son « adolescence » en 2007, planté en 2001 pourtant, que le Carminoir s’affirma, et prit sa place dans la liste de nos vins prestigieux car il libéra ses arômes qu’il, par timidité sans doute, ou par une quelconque honte de ses origines hybrides, nous cacha ses trésors aromatiques si longuement, il ne fait qu’une bouchée de n’importe quel gibier, viandes rouges et autres fromages corsés…



Le TannaT est une exclusivité suisse et accessoirement un Palindrôme comme :

« SuguS »

« 11H11 »

« Zeus a été à Suez »

« Engage le jeu que je le gagnE »

« Elu par cette crapulE »

« La mariée ira maL »

« A l’étape épate lA »

« Léon à rasé César à NoëL »

« Et la marine va venir à MaltE »

Pour les plus courageux, le grand Palindrôme de Georges Perec, 1969, disponible sur ce lien :

http://homepage.urbanet.ch/cruci.com/lexique/palindrome.htm

L’ambassadeur du Tannat Alain Brumont, toucha Maurice Giroud de par sa persévérance et sa confiance dans le Tannat, cépage si décrié dans ses propres contrées que les vignerons l’arrachaient sans pitié, Alain y croyait si fortement qu’il convainquit l’artisan de la Siseranche d’en planter dans son domaine. C’est en effet un vin difficile a apprécier dans ses jeunes années, soit on l’aime, soit on le déteste, le boire trop jeune est une gageure pour Xavier, de son avis, il faut être patient et attendre 10 ans de bouteille et de maturité pour savourer pleinement les arômes complexes et rudes du Tannat, à l’acidité élevée et aux tanins qui rendent la langue et les dents violettes, (dragueurs d’un soir s’abstenir), mais le goût de chacun étant indiscutable, il appartient au jugement de chaque dégustateur de se faire un avis propre, sur un vin controversé, mais qui ne laisse personne indifférent…



Cet exilé clandestin de la Toscane, de la région rurale du Chianti, accueilli et élevé sous la houlette du soleil valaisan doit se dissimuler sous un pseudonyme pour demeurer incognito pour raisons administratives sous peine de se voir refouler à la frontière, il peut se reconnaître en notre cave sous le nom de code « Le S de la Siseranche » cet agent secret italien, nous fait profiter en contre partie de sa clandestinité, ses arômes incomparables de fruits noirs, de ses capacités olfactives racées et puissantes, aux notes de violettes, cet espion échappé d’Italie se fait appeler Brunello, en Toscane méridionale, il rajoute le noble « di Montalcino, Vino Nobile di Montepulciano » en lieu et place d’un grotesque 007 ou numéro qui fait plouc, avouez que ça donne une dimension romantique le « Di quelque chose non ? »

On flirt avec la mafia et son sentiment de puissance là ? Et ça donne des frissons supplémentaires quand on le déguste et que l’on ressent ses arômes lorsque goulûment nous avalons des viandes rouges et des gibiers…. Un fumet de parrainage aguiche nos narines, l’on se prend à rêver d’être un Marlon Brando en devenir…. Et de manger des spaghettis bolognaise….

Salute!